De Corumba à Santa Cruz de la Sierra

Le passage de la frontière entre le Brésil et la Bolivie sera un peu plus long que d’habitude, l’occasion pour moi de faire l’école aux enfants pendant ce temps-là. Côté école, nous sommes plutôt adaptables. En effet, on s’était fixé école tous les matins pendant deux heures avant de rouler mais les fortes chaleurs (plus de 35 degrés en général) nous poussent souvent à rouler tôt le matin. Vers 6 heures on essaye d’être partis (on n’y arrive pas toujours). Lorsqu’on ne roule pas vite, on laisse les enfants dormir pendant qu’on démarre. Notre petit plaisir du matin où on a enfin du temps tous les deux jusqu’à ce que la douce voix de Clément fasse entendre son habituel : « J’ai faim ». Du coup, parfois on travaille pendant que papa roule ou alors quand maman cuisine et parfois même en fin d’après-midi. En fonction du programme et de l’état d’esprit du moment.

Jusque Santa Cruz de la Sierra, la route est plutôt en excellent état et quasi rectiligne. Par contre, sorties de l’axe principal, les routes se transforment souvent en pistes de terre. De grands espaces et d’immenses propriétés bordent  l’axe principal, cultivant essentiellement le sorgho, le soja et le maïs. Nous croisons de temps en temps des petits villages poussiéreux où nous nous ravitaillons en nourriture et eau. Partout depuis le début du voyage, les commerçants et autres badauds sont curieux de notre venue dans leur ville et l’on nous pose souvent les mêmes questions : d’où vient-on ? Où va-t-on ? Combien de temps ? Aime-t-on leur pays? Malgré nos difficultés de langage, c’est toujours des moments sympas et l’occasion de faire visiter l’intérieur de notre palace.

Notre première halte bolivienne sera Aguas Calientes, un petit village où nous profitons d’un bain  dans les sources chaudes d’une rivière. L’eau y est claire et de gentils petits poissons viennent par centaines grignoter nos peaux mortes. Super moment de détente en famille. Le revers de la médaille sera la myriade de minuscules insectes qui nous piqueront sans qu’on s’en rendent comptent en sortant de l’eau… Heureusement que l’on a pris la crème contre les démangeaisons….

La nature est splendide dans ce village avec de nombreux oiseaux. Nous découvrons ici une communauté détonnante et très présente dans certains coins de Bolivie. Il s’agit de la communauté Ménnonite. Les mennonites sont reconnaissables à leurs cheveux blonds et leurs vêtements mode « petite maison dans la prairie ». Ils  s’expriment en Plautdietsch (sorte d’allemand-russe revisité) et rares sont ceux qui maîtrisent l’espagnol. Dans les sources d’eau chaude, ils se baignent habillés. La plupart des mennonites installés en Bolivie sont conservateurs et traditionalistes. Ils rejettent toute forme de modernité, la violence et la paresse. Ils vivent sans électricité, voitures (se déplacent en charrette), téléphones, télévisions et autres technologies modernes. Ils vivent majoritairement de l’agriculture intensive, principalement de blé et de soja, et constituent un moteur important de l’économie et du développement de la région de Santa Cruz de la Sierra. Leurs relations avec le monde extérieur se limitent à l’achat de matières premières et à la vente de leurs productions agricoles. Ils ne se mélangent pas avec le reste du monde et ça on le voit tout de suite. En 1986, il y avait environ 17 500 mennonites vivant dans 16 colonies. En 2012, ils étaient approximativement 70 000 répartis dans 57 colonies.

Plus loin,  nous ferons un arrêt pour aller voir la petite église de Santiago de Chiquito et faire la petite balade au Mirador. Cette balade nous fait passer à côté de formations rocheuses et de failles impressionnantes. Une fois en haut, on découvre un paysage de hauts plateaux tabulaires et de falaises à perte de vue qui surplombent la forêt primaire de Tucavaca.

Un arrêt à Chochis nous permet de visiter la chapelle située au pied d’un immense monolithe. Cette chapelle est magnifique, un véritable chef d’œuvre d’architecture métissée moderne avec des sculptures dans des bois tropicaux de toute beauté.

Enfin, notre dernier arrêt avant Santa Cruz sera à San José de Chiquitos. San José de Chiquitos se trouve sur le chemin des missions en Bolivie. Elle fut la troisième cité construite comme mission dans le territoire des aborigènes chiquitanos ou Chiquitanie par la Compagnie de Jésus en mars 1697, sous la direction des pères Felipe Suarez et Dioniso de Avila. La mission est composée d’une église, de son clocher, de sa chapelle mortuaire et de sa maison des pères.   San José dispose aussi d’une grande place centrale vraiment charmante.

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