Le Salar d’Uyuni, histoire d’un rêve éveillé

7 h00 du matin, nous sommes tout excités. Aujourd’hui, c’est le grand jour. Franck et moi allons réaliser un de nos rêves, fouler le sol du Salar d’Uyuni. Nous avions vu des photos de ce bijou et c’est un des points forts de notre périple, un moment qu’on attend avec impatience. Le Salar d’Uyuni, situé à 3650 m d’altitude est le plus grand désert de sel du monde (entre 10580 et 12500 km2 selon les sources). Il est recouvert d’une croûte de sel qui peut mesurer jusqu’à 120m d’épaisseur par endroit. En cette saison, une fois les digues passées, on peut circuler librement sur le Salar car il n’a pas encore plu. Les pluies arrivent en début d’année et une fois qu’elles sont là, on ne peut plus circuler sur le Salar car il se couvre d’eau.

Avant de partir, nous remplissons nos deux réservoirs d’eau au cimetière car nous prévoyons de rester dans ce désert blanc pendant au moins 3 ou 4 jours. Il nous faut donc suffisamment d’autonomie. Nous devons également remplir notre bouteille de gaz. Nous nous rendons dans un entrepôt mais le policier qui garde l’entrée ne veut pas que l’on entre avec notre bouteille française. La seule alternative qu’il tolère, c’est qu’un des camions de gaz qui attend devant l’entrée accepte de nous la prendre sur son camion et la remplisse pour nous à l’intérieur de l’entrepôt. La Sympathie bolivienne fonctionne une fois de plus, le conducteur du camion accepte. Cependant, le temps que le camion remplisse ses 200 bouteilles, nous allons devoir patienter 1h15.

Ce n’est pas grave, en Amérique du Sud, on a compris depuis quelques temps que tout est histoire de patience. Nous en profitons pour nous renflouer en fruits et légumes sur le petit marché du coin (joie et bonheur, ils ont les mangues et les avocats dont nous sommes friands) et aller à la pompe pour remplir nos deux jerricans d’essence supplémentaires car nous n’avons pas vraiment idée du nombres de kilomètres que l’on va parcourir. Pas de chance, ils n’ont plus de diesel. Ils doivent être livrés dans deux heures. Nous décidons de faire sans. Normalement si l’on ne se perd pas, on devrait avoir assez d’essence.

Nous récupérons notre bouteille de gaz et partons dans la foulée. Nous franchissons la ville déserte de Colchani qui annonce l’entrée du Salar. Le désert blanc est juste devant nous qui s’étire à l’infini. Dernier obstacle, franchir la digue qui nous permet d’entrer sur le désert. Léger moment de stress et de concentration. Rien n’est vraiment indiqué sur le chemin à suivre et il y a des trous d’eau un peu partout. Le risque de s’enliser est semble t’il réel puisque nous avons lu des témoignages sur les forums de voyageurs et le couple rencontré à tranquilo s’est également embourbé à l’entrée du Salar.
Nous décidons d’attendre le passage de plusieurs 4×4 afin d’étudier le meilleur passage à emprunter. Nous retenons notre souffle en passant près des trous d’eau jusqu’à ce que Rainbow rejoigne sans encombre la croute de sel bien solide.

Du blanc à perte de vue, parsemé de temps en temps de rares îlots. A certains endroits, la surface forme de superbes polygones et hexagones qui se répètent à l’infini. Le soleil est de la partie et avec la forte réverbération, lunettes de soleil et crème solaire sont plus qu’indispensables.

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Pour se repérer sur le Salar, ce n’est pas chose aisée. On nous a dit de suivre les traces mais des traces, il y en a qui partent dans tout les sens. Notre GPS « Maps me » est perdu dans cet enfer blanc. On part un peu à l’aveuglette et espérons suivre les bonnes traces, celles qui sont sensées nous mener au monument du Dakar puis à l’île d’Inkahuasi. La chance semble nous  sourire, le monument du Dakar se dresse devant nous au bout de quelques temps.

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Après quelques kilomètres de plus, nous nous décidons à faire une pause. Les estomacs des enfants crient famine. Le choix du coin pique-nique est infini. On ne sait que choisir.

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Après un bon déjeuner les pieds dans le sel, nous improvisons  une séance photos avec les traditionnels trompe l’œil puis Clément et Franck se lanceront dans une partie de foot  qui durera moins longtemps que d’habitude, l’altitude faisant rapidement son petit effet.

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La pause s’éternise, on profite de la sérénité du lieu, du cadre magnifique qui s’offre à nous. Nous finissons par reprendre la route car l’heure tourne. Nous roulons jusqu’à notre prochaine destination, l’île d’Incahuasi. Clément est ravi de prendre quelques leçons de conduite. Faut dire qu’ici, la route est celle que tu décides, c’est à dire qu’elle est partout. Même moi je suis ravie de conduire Rainbow sur cette salière géante.

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Sous un soleil de fin de journée, nous visitons l’île volcanique d’Incahuasi couverte de cactus gigantesques. Un chemin caillouteux mène en 30mn à un point de vue à 360°au sommet de l’île. La vue sur l’horizon est magnifique. Encore et toujours du blanc à perte de vue.

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A la fin de notre balade, le soleil est presque couché. Nous décidons tout de même de nous rendre près de l’île Pescado, lieu de notre 1er bivouac sur le Salar. Nous arrivons de nuit. Nous ne nous approcherons pas trop de l’île afin d’éviter les éventuels trous d’eau. Dans un noir sans lumière (hormis les innombrables étoiles qui nous font signes du ciel) et un silence total, nous nous préparons pour la nuit.

Au petit matin, je me lève à 5h00 afin d’assister au lever de soleil. L’air est froid. Bonnet, gants et écharpe sont les bienvenus. Je pars fouler le sol craquelé et en profite pour prendre quelques clichés. Franck me rejoint dans la foulée et nous nous décidons à faire l’ascension de l’île Pescado en amoureux pendant que les enfants dorment. Cette île est comme Incahuasi recouverte de cactus et de coraux. La différence est que Pescado est complètement sauvage. Il n’y a aucun sentier. Nous évoluons entre les coraux, les cactus et les pierriers. Au sommet, nous aurons la surprise de voir un chinchilla grignoter le peu d’herbe qui pousse sur l’île. Drôle d’idée de s’installer sur cette terre si inhospitalière. Le temps est magnifique et les rayons du soleil commencent déjà à réchauffer l’air. Au sommet, la vue sur le Salar est encore une fois de toute beauté. Le petit plus ici, c’est qu’à part nous et ce brave « vizcacha » (chinchilla), il n’y a personne. Nous nous remplissons avec bonheur de ce tête à tête au paradis.

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Nous reprenons la route en fin de matinée direction le Volcan Thunupa qui se situe aux abords du Salar. Au pied de la digue, il y a pas mal d’eau mais le niveau semble peu profond. Quelques slaloms, de la concentration et la digue est franchie. Le chemin qui mène au volcan est une piste. Nous y croisons des troupeaux de lamas qui paissent ça et là. Les deux derniers kilomètres sont ardus. Ca monte sévère dans les cailloux, le sable et la poussière avec en prime parfois de belles ornières. Le réservoir touchera une fois et Rainbow calera plusieurs fois dans la montée. Il est 15h quand nous démarrons la balade, c’est un peu tard, il ne faudra pas trainer en chemin si nous voulons être de retour sur le salar pour la nuit. Nous passons d’abord voir une famille momifiée qui est exposée dans une grotte à l’entrée du sentier. Les enfants sont impressionnés (d’autant que deux des momies sont des enfants).

L’ascension du volcan dure une heure jusqu’au premier mirador. Lisa râle un peu. Faut dire qu’en une heure, on Fait 400m de dénivelé positif. Heureusement les bonbons sont là pour remotiver les troupes tous les 100 m d’altitude. Au mirador, la pause goûter nous permet d’admirer la vue sur le Salar et sur le cratère éventré du volcan.

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Le temps nous est compté, la lumière décline déjà et ici quand elle décline c’est que la nuit n’est pas loin. Malgré nos efforts, nous regagnerons le salar de nuit mais ça vaut tellement le coup.

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Ce devait être notre dernier jour sur le Salar mais sur le chemin du retour que voit-on près de l’île d’Incahuasi ? Le camping car des copains avec qui nous devions faire initialement le Salar. Malheureusement suite à un pépin mécanique dont ils ne maitrisaient pas la teneur, ils étaient restés bloqués à Potosi et nos chemins avaient du se séparer.

Trop contents de les retrouver, nous nous décidons à passer la nuit ensemble.  Nous en profitons pour discuter entre adultes pendant que les enfants font des jeux dans l’autre camping car. Ils iront même s’éclater dehors dans la nuit à la lampe frontale lors d’une partie de chat improvisée.

Le lendemain, nous savourons ensemble le lever de soleil puis quittons les copains pour rentrer à Uyuni. C’est assez émus que nous quittons ce diamant brut.

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4 réflexions au sujet de « Le Salar d’Uyuni, histoire d’un rêve éveillé »

  1. Grandiose!!!! C est la meilleure partie de votre voyage jusqu’à présent ! J ai pris énormément plaisir a vous lire et ai adoré vos photos trompe l oeil. Votre expérience demontre qu il faut savoir lacher prise et être optimiste pour ne rien louper…. pas même 2 heures pour etre sur d avoir assez d essence. … je ne sais pas si j aurais pu!!! Une belle leçon. Bonne continuation. ..vous respirez la joie de vivre ça fait plaisir a voir. Je vous aime .

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  2. C’est vraiment magnifique, on comprend pourquoi vous etiez si impatient de voir ces paysages à couper le souffle en photo alors j’imagine en vrai !!! Vos sourires en disent long sur ce que vous vivez !!! Gros bisous les amis 😘

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