Guatapé, la perle d’Antioqua

Après un trajet agréable à travers la campagne et les montagnes, nous approchons de Guatapé. Nous trouvons un spot pour dormir plutôt agréable.DSC_7687

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Plus que quelques kilomètres avant Guatapé, nous faisons un crochet par la Piedra del Peñol afin de découvrir cette anomalie naturelle. Il s’agit d’un énorme rocher arrondi d’environ 70 millions d’années planté là à proximité d’un joli lac turquoise…

Les théories les plus farfelues entourent l’origine mystérieuse du Peñol. Certains racontent qu’il s’agirait d’une météorite ou du fruit d’un volcan éteint… Seule certitude, il s’agissait d’un lieu sacré pour les indigènes Tahami, une sorte de divinité.

En s’approchant, on remarque une inscription surprenante (G I ) tracée à la peinture blanche sur le rocher. Nous finissons par avoir l’explication. Il faut savoir que la pierre se trouve quasiment à la frontière des municipalités de Guatapé et de El Peñol. Dans les années 80, le maire de Guatapé a eu la bonne idée de vouloir s’approprier le rocher en peignant le nom de son village sur la pierre. Il a le temps de peindre la lettre G mais voilà qu’en plein milieu de la lettre U les habitants du village El Peñol mécontents l’ont obligé à cesser… Le projet a alors été abandonné et voilà comment une merveille géologique se retrouve dénaturée par la bêtise humaine.

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Même si nous sommes au milieu de rien, le lieu est très touristique. Tout est prévu pour accueillir les visiteurs : un cortège de bars, magasins de souvenirs et restaurants nous escortent du parking jusqu’au pied du monolithe…Visiteurs consommez !!!

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Les enfants n’étant pas motivés par l’ascension, ils restent dans le camping-car et nous partons tous les deux à l’assaut des 220 mètres et surtout des 740 marches de l’escalier qui doivent nous mener au sommet du rocher. Un défi stupide est lancé : monter en haut sans s’arrêter. Défi perdu, il me faudra faire deux courtes pauses pour reprendre mon souffle.
De là haut, on jouit d’un formidable point de vue à 360° sur la région alentour. Les montagnes et surtout cet immense lac artificiel un peu surnaturel avec ses couleurs et son découpage féérique sont dignes d’une aquarelle… Moment d’extase visuelle devant ce paysage sublime constellé d’innombrables petits îlots verdoyants.

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Nous apprenons que ce lac, 3ème plus grande retenue d’eau de toute la Colombie, est le fruit de la construction d’un barrage sur le Rio Nare. Dans les années 70, le barrage a entraîné l’inondation de la plaine et a provoqué le déplacement de plus de 4000 personnes, un véritable drame qui a modifié à jamais la vie locale. Plusieurs villages ont ainsi été partiellement ou intégralement engloutit.

Quelques kilomètres plus loin, Guatapé se dessine devant nous.

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Ce gros bourg d’environ 6900 habitants perché à 1925 mètres d’altitude est devenu depuis quelques années une des destinations touristiques incontournables en Colombie. Bien sûr son lac et l’immense rocher le surplombant  n’y sont pas pour rien mais Guatapé est également à lui seul un véritable bijou artistique. Ce village, un des plus colorés de Colombie est unique en son genre. On le surnomme le « Pueblo de los Zocalos » De quoi s’agit il exactement ? Les Zocalos sont des bas-reliefs peints ou sculptés sur les parties inférieures de tous les bâtiments. Il y aurait plus de 150 motifs différents référencés dans le village.

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L’histoire raconte que Guatapé est devenu ce qu’il est aujourd’hui grâce à un artiste du village, José Maria Parra, qui dans les années 1920 a commencé à peindre à l’intérieur de sa maison quelques agneaux Pascal pour Pâques, puis l’envie lui ait venue de décorer de la même façon la devanture de sa maison. Les voisins emballés par l’idée lui ont demandé de venir peindre leur maison également. Ce fut le début des zocalos.
À cette époque seulement quelques maisons étaient donc décorées et l’agneau pascal avait le vent en poupe même si quelques figures géométriques commençaient à apparaitre.

Dans les années 1970, en réaction à la construction du barrage et à l’inondation programmée d’une partie du village, il a été décidé de sauver les zocalos les plus interessants qui risquaient d’être détruits par les eaux. Tous les zocalos en état ont donc été replacé ailleurs dans le village et c’est à ce moment-là que la fameuse « Calle del recuerdo » a vu le jour devenant ainsi l’emblème du village ! Cette action créa dans le village une dynamique identitaire très positive et permis aux habitants de sortir de la morosité qui les animait. A cette époque les zócalos avaient déjà bien évolué faisant apparaître de nouvelles formes géométriques, des formes anthropomorphiques, zoomorphiques, ou décoratives.

Dans les années 2000, à l’occasion du bicentenaire du village, le maire de l’époque a décidé de généraliser la tradition en demandant à chaque habitant de décorer les façades de sa propre maison d’un zocalo de son choix. En l’espace d’un siècle ce petit village agricole s’est donc totalement réinventé. Aujourd’hui, la couleur inonde ses rues et Guatapé est devenue l’attraction culturelle et touristique que l’on connaît aujourd’hui.

Ces décorations sont désormais très variées. Elles racontent l’histoire du village, d’une famille, représentent des paysages, des objets de la vie quotidienne, des métiers, de simples figures géométriques ou même les passions du propriétaire de la maison….

Le mouton, premier motif du zocalos

Les formes géométriques

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Scénes racontant des temps de vies passés en lien avec l’ histoire personnelle de la famille notamment des scènes agricoles ou campagnardes

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Certains zócalos relatent des moments historiques encore plus lointains, comme celui montrant des indigènes soulevant des chaises à porteurs.

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Certains sont des représentations du village

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Les rues de Guatapé

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Les alentours de Guatapé

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Le piedra del Pénol

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Piedra del Pénol et le lac

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les motos chivas

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les jeeps willis

On trouve aussi des scènes relatives aux professions exercées par les propriétaires. Certains s’en servent même pour faire de la publicité sur les façades de leur commerce .

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La maîtresse d’école

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                       le boulanger patissier

Le magasin fourre-tout pour les travaux de jardinage/  bricolage

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marchand d’objets notamment en cuir

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vendeur de fruits  et légumes

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pizzéria

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Ou à leurs passions.

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Certains sont très en lien avec la nature

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Tandis que d’autres sont un hommage à des héros de livres ou de bandes-dessinées

Enfin certaines nous surprennent ou nous font sourire

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Ce village est un nouveau coup de cœur et nous y resterons 4 jours. Egalement très touristique, on ne se lasse cependant pas d’user nos semelles dans ses ruelles pavées, de trainer en terrasse avec les copains pour manger les crêpes cuisinées dans les deux restos tenus par des français, de faire des pique-nique face au lac. On est bien ici et on se surprend à rêver d’une vie en Colombie.

La Calle de los recuerdos

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Les ruelles de Guatapé

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ici on décore jusqu’aux compteurs électriques

La place principale et son église

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La mairie de Guatapé

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Une des petites places

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les chivas de Guatapé

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il fait tellement bon vivre ici qu’il y a même des distributeurs pour chiens en accès libre. Qui veut met de l’argent  dans la bombonne et dès que c’est nécessaire quelqu’un prend l’argent collecté pour recharger en croquettes le distributeur.

Pique-nique face au lac et séance pêche à la ligne

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Le dernier jour, nous embarquons à 16 ( les marseillais, les enoricas, les tiselfs et nous) dans le camping-car des marseillais ….

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…. pour nous rendre chez Valérie, Jérome et leur fils Charles, des français qui se sont expatriés en Colombie il y a deux ans à la suite d’un tour du monde. La France n’a pas su les convaincre et la Colombie leur tendait les bras. Ils ont donc décidé de poser leur valise près du lac de Guatapé après un coup de cœur pour la région. Leur propriété est magnifique avec sa vue sur le lac et la vue en contre plongée sur la Piedra del Pénol. Un véritable havre de paix. Fleurs et des arbres fruitiers poussent ici et là généreusement sur les pentes du jardin et des colibris viennent régulièrement s’abreuver du nectar des fleurs pendant que l’on se prélasse dans le hamac.

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Le jardin se transforme rapidement en un super terrain de jeu pour les enfants.

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Pour nous, c’est barbecue géant et discussions autour de la table. Le principal sujet : le voyage, le voyage et encore le voyage. Un thème inépuisable.

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après-midi balade en barque et baignade dans le lac depuis leur jardin

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On passe un super moment et le temps file encore très vite. Demain on reprend la route

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